Métamorphose 2

Métamorphoses 2 :
Songer/Sonder les formes

Avec quelle grammaire, quel lexique, parler de l’art contemporain en RD Congo ou écrire son histoire ? Quels langages mobiliser pour fabriquer le texte philosophique, esthétique, politique de Yango II ? Dans quelles langues et avec quelles traductions ? Pour quel public ? Dans quels formats?
La journée “Métamorphoses 2 : Songer/ Sonder les formes” vise à explorer les formes multiples de la création contemporaine en RD Congo et leur rapport à la (dé)construction de savoirs, de mémoires, de récits. Nous imaginons par exemple la création d’une bibliothèque mutante qui collecte certes des textes mais invente aussi son propre corpus, les mots pour dire l’art, ou encore décrire, raconter les vécus, les histoires multiples, qui façonnent les géographies vivantes du Congo-continent. Les réflexions de cette journée se veulent plus techniques, également : penser des modalités à partir desquelles performer les langages, réinventer les formes de diffusion du savoir, imaginer le bâtiment, les plans, les fonctions d’un lieu de création et de savoir, qui s’inviterait dans la ville.

Espace : Université pédagogique nationale

Matin : 9h – 13h / Ateliers fermés

Esika Ya Makanisi IV : Performer les langages et les formes

La performance est à la fois un acte créatif, un moyen de comprendre le pouvoir, une méthode de transmission de la mémoire et de l’identité, ainsi qu’une façon de comprendre le monde. Réfléchir aux façons de performer les langages et les formes, c’est aussi explorer les usages de la performance et ses itérations : la performance artistique, économique, sexuelle, politique et technologique ; la performance de la vie quotidienne ; et la performance genrée et racialisée des corps.

Atelier animé par : Steve Bandoma (installation) et Sara Alonso Gómez (co-commissaire Biennale Yango II)
Participants : Elie Mbansing (arts plastiques, vidéo), Junior Mvunzi (installation), Eddy Masumbuku (peinture), Yas Ilunga (performance), Michel Ekeba (Kongo Astronauts), Falonne Mambu (performance), Cedrick Nzolo (photographie, design)

Esika Ya Makanisi V : Plan et propositions pour la Bibliothèque municipale du futur à Kinshasa

Comment penser une bibliothèque mutante, la bibliothèque municipale du futur, ouverte à tout.es les kinois.es ? Dans quelle(s) commune(s) faudrait-il la construire ? Quels seraient ses rôles : archiver les savoirs, consolider les mémoires, conserver le patrimoine … ? Quels livres sur ses rayons ? Quels supports multimédias ? Quelles sonorités ? Quelles couleurs ? Quelle forme pour ses bâtiments ? Il faut repenser ce que peut être une bibliothèque. Non pas seulement un espace clos, dédié au retrait, au silence, mais un lieu mutant, consacré à la fable, aux livres virtuels – ceux qui n’ont pas été écrits, qui n’existent pas encore et qu’il faut inventer.

Atelier animé par : Michèle Magema (film) et Nadia Yala Kisukidi (co-commissaire Biennale Yango II)
Participants : Arsène Mpiana (photographie), Eddy Ekete (Projet Matonge Lisolo), Magloire Mpaka (multimédia), José Bau (opérateur culturel), Sara Liwerant (UNIKIN/Ecocrim), Mega Mingiedi (multimédia)

Esika Ya Makanisi VI : De quoi le commerce éditorial congolais est-il le nom ?

Une critique des pratiques éditoriales héritées de l’encadrement social colonial. L’édition comme beaucoup d’activités culturelles ou d’économie culturelle, naît au Congo dans le contexte colonial. L’Essor du Congo, premier éditeur sur tout le continent africain, dès 1929, publie des ouvrages soit clairement destinés au lectorat d’Européens de la colonie soit destinés aux Congolais en voie de « civilisation ». Très tôt l’édition se développe donc comme un des outils de la désintégration des cultures locales et d’intégration des autochtones dans le nouvel ordre établi par la colonisation. Le premier livre publié au Congo et sur tout le continent africain s’appellera La politique des Missions Protestantes au Congo du père Jean-Félix de Hemptinne (vicaire apostolique du Katanga). Cet atelier interrogera les pratiques éditoriales à Kinshasa et examinera les perspectives d’une édition et, par-delà l’édition, d’une littérature émancipées, restituées et conscientes du problème fondamental de l’exclusion et de la négation des expressions locales, des préoccupations locales, des esthétiques locales, des sensibilités locales, des subjectivités locales, des idées locales et de l’économie locale dans la tradition éditoriale.

Atelier animé par : Richard Ali (Responsable de la Bibliothèque Wallonie-Bruxelles à Kinshasa)
et Hervé Bia (écriture) Participants : Sinzo Aanza (écriture/vidéo), Charles Djungu Simba (Éditions du Pangolin), Dan Bomboko (Éditions Elonja), Christian Gombo (Éditions Nzoi), Bienvenu Séné Mongaba (Éditions Mabiki)

Après-midi : 14h30 – 18h / Public

14h30 – 16h : Restitution des Ateliers « Métamorphoses 2 : Songer/Sonder les formes ».
Avec : Steve Bandoma, Michèle Magema, Yala Nadia Kisukidi, Richard Ali, Hervé Bia

Modération : Sara Alonso Gómez (co-commissaire Biennale Yango II)

Soirée : 18h – 23h / Ndaku ya La vie est belle / Public
18h30 – 19.30 : Concert de Rachel Nyangombe (chant) accompagnée de Vicko Twenga (guitare)