Congo/graphies

Congo/graphies :
Cartes, images, métamorphoses.
Bakalati, bililingi, mambongwani

La Biennale Yango II, dont la première édition fut pensée et initiée en 2014 par l’artiste Kiripi Katembo, se construit autour de trois mouvements : deux sessions d’ateliers, en février et à l’été 2020 ; le mois de la biennale en février 2021.

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Les ateliers de février ont pour objectif de lancer les travaux conceptuels autour de la Biennale, en engageant la conversation entre artistes, chercheurs et acteurs culturels de la République démocratique du Congo et de ses mondes diasporiques. Ils se déploient dans des espaces emblématiques de la capitale où se nouent recherche, imagination et création, pour questionner les transformations de l’art contemporain dans le contexte congolais. Il s’agit d’envisager les différents paradoxes posés par ces métamorphoses de l’art contemporain : quelles formes ? Quels lieux privilégiés ? Quels espaces à investir dans la capitale Kinshasa, elle-même, espace de la Biennale ? Quels publics ? Quelles médiations artistiques ? Mais plus encore, il s’agit de ressaisir les lignes conceptuelles, les imaginaires qui traversent les dynamiques de la création artistique contemporaine en RD Congo.

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Les métamorphoses impliquent changements, passages d’un corps à un autre, flux et contre- flux ; mais également impossibles captures, impossibles étreintes. Ce qui ne peut être saisi et se reconfigure sans cesse. Les cartes de Kinshasa se déplacent, se transforment et produisent de nouvelles images, des textes inédits, que plasticiens, musiciens, écrivains, slameurs, vidéastes, photographes, etc. contribuent à recomposer. Les paysages du jour prennent un autre visage quand la nuit les recouvre. Les lignes raciales, coloniales qui sillonnent la ville et transpercent son histoire, peuvent être déjouées, détraquées, démêlées. Les lieux se dédoublent, leurs usages se démultiplient. En intervenant dans la ville, les artistes contribuent à sa métamorphose, questionnent la manière dont elle est habitée, parfois hantée ; ils produisent une multitude d’images, de langages qui réinventent les lieux, les temporalités, et la manière dont ils peuvent affecter le quotidien des habitants qui les traversent.

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L’enjeu des ateliers de février de la biennale Yango II consiste à collecter ces images, ces langages, à les rassembler et à les discuter. À produire et à combiner graphies, narrations anciennes, présentes et à venir. Congo/graphies : les échanges prennent pour centre la création artistique de la RD Congo et de sa diaspora et visent à la confronter aux écritures de la recherche contemporaine. Yango II est imaginé comme un festival dédié à la création, à toutes les créations, jouant les unes contre les autres des approches différenciées de l’art contemporain, participant à les contester, à la réécrire, à les troubler, à opérer leurs métamorphoses.