À propos

« Reprendre » : j’utilise ce mot comme image de l’art africain actuel. Je l’entends d’abord dans le sens de renouer avec une tradition interrompue ; renouer, non pas sous l’impulsion d’un désir de pureté, ce qui ne témoignerait qu’en faveur de l’imagination d’ancêtres disparus, mais bien d’une façon qui reflète les conditions d’aujourd’hui.

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« Reprendre » suggère ensuite l’idée d’un recouvrement, d’une appropriation méthodologique : le travail de l’artiste commence en effet par une évaluation des outils, des moyens et des fins de l’art au sein d’un contexte social transformé par le colonialisme, par des courants plus récents, les influences, les modes qui arrivent de l’extérieur. « Reprendre » implique enfin une pause ou un ressaisissement, une méditation, une réflexion portant sur l’acte de renouer et de recouvrer.

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V.Y. MUDIMBE, « ‘Reprendre’ : énonciations et stratégies dans les arts africains contemporains », in Marc Quaghebeur (dir.), Papiers blancs, encre noire : cent ans de culture francophone en Afrique centrale (Zaïre, Rwanda, Burundi), Bruxelles, Éditions Labor, 1992.

La Biennale de Kinshasa : genèse et première édition en 2014

En 2012, la mégapole de Kinshasa, malgré sa réputation de vivier d’artistes de génie, n’a pas encore de cadre pour promouvoir la création artistique professionnelle ainsi que l’émergence, au travers de projets curatoriaux ambitieux, d’artistes majeurs, lesquels de ce fait continuent de construire leurs carrières dans des interactions solitaires avec l’extérieur du pays. Réunis autour du photographe Kiripi Katembo, des artistes de la ville décident de mettre en place un projet de biennale d’art contemporain, un tel événement leur paraissant, de par la rencontre qu’il suppose entre le local et l’international, l’artistique, le théorique et le commercial, le cadre propice pour résoudre toutes à la fois les questions de leur professionnalisation, de leur connexion au monde ainsi que celle de leur ancrage dans l’espace urbain qu’ils interrogeaient dans leurs créations respectives.

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Dès sa première édition, en 2014, la biennale de Kinshasa insiste sur cette volonté de mener les créations artistiques vers de nouvelles perspectives et de les impliquer dans les questions de développement, de l’environnement, de davantage d’ouverture de l’espace culturel aux productions féminines et de l’éducation culturelle au Congo dans sa relation avec le patrimoine matériel et immatériel du pays, mais aussi de l’émergence d’une industrie culturelle dans le champ de l’art contemporain pris dans l’ambiguïté de sa définition et donc dans sa porosité vis-à-vis des autres disciplines artistiques.

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Après quatre années de restructuration et de réorientation intellectuelle et artistique, Yango revient avec la détermination de placer les artistes au cœur de la ville telle qu’elle se rêve, se porte, se projette dans le monde et façonne son futur.

L’édition 2020-2021

Yango Biennale revient avec une nouvelle formule. La biennale va discuter des nouvelles voies pour l’art avec la ville de Kinshasa, dont l’immensité géographique et symbolique est le miroir de l’immensité du Congo lui-même, en tant que territoire physique et imaginaire, fantasmé et répulsif, écrasant et désiré. Son énergie créatrice et sa vitalité inépuisable sont un cadre idéal pour la création artistique dont la ville est connue comme un des viviers sur le continent africain. Marquée par des années de colonisation, de dictature et de guerres civiles dites d’exploitation de ressources minérales, Kinshasa, où la vie demeure précarisée dans une large mesure, porte les strates de sa mémoire tumultueuse à fleur de peau, comme si la ville, à travers l’attitude des corps, la danse, la musique et de tonitruantes prises de parole, voulait marquer l’instant, chaque instant, car l’instant est le seul lieu où l’évidence pour soi-même est possible.

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Yango est un événement sous la forme festive d’expositions, de performances et de spectacles, mais aussi d’espaces d’échanges entre artistes, chercheurs, théoriciens et professionnels sous la forme d’ateliers et de conférences. Animé par le concept mudimbien de « reprendre » et considérant les espaces traditionnels de présentation des arts dans la ville de Kinshasa comme un prolongement stérile des usages de la société industrielle répliquée dans les colonies avec le divertissement ouvrier d’une part et les cercles pour cadres européens d’autre part, ce projet entend, à travers des ateliers, des discussions et de l’expérimentation, ouvrir la voie à de nouvelles façons de présenter de l’art, de proposer les créations d’artistes dans/à la ville. Ceci en considérant les cultures locales de représentation telles qu’en témoignent différents objets dits ethnologiques produits dans la région et collectionnés à travers le monde. Yango se considère donc comme un événement négociant l’espace pour l’imagination créatrice dans ce contexte d’apartheid racial devenu par la suite un apartheid de pouvoir politique et économique pour finir en apartheid des moyens de l’imaginaire. La biennale est une pépinière de possibles qui se profileront et s’affirmeront selon l’évolution des discussions entre les artistes, les chercheurs, les théoriciens et les commissaires en interactions avec la ville.

Photo : Michel Ekeba, Kongo Astronauts, 2014

L’équipe

La biennale d’art contemporain de Kinshasa est organisée par Yango Biennale asbl, une association constituée de membres aux profils divers réunis en assemblée générale et d’un conseil d’administration. Son équipe exécutive est composée comme suit:

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Sinzo Aanza
directeur
sinzo@yangobiennale.com


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Collège Administration et Fundraising

Hélène Ballis
coordinatrice
helene@yangobiennale.com

Robert Mumbala
assistant
robert@yangobiennale.com

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Collège production et logistique


Muriel Babandisha
coordinatrice
muriel@yangobiennale.com

Michel Mayoyo

supervision de la logistique et des espaces
michel@yangobiennale.com

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Collège communication et relations avec les publics et les quartiers

Patrick Wassy
coordinateur
patrick@yangobiennale.com

Wendy Bashi
presse
wendy@yanngobiennale.com

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Isaac Sahani
archivage et productions visuels et sonores
isaac@yangobiennale.com

Jean Claude Nsiala
relations avec les publics et les quartiers
nsiala@yangobiennale.com

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Téléphones: +243851287453, +33 6 61 02 66 78, +243826562405
248, avenue M’siri Bandalungwa, Kinshasa

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Logo: Cedrick Nzolo

Site Web: Juan Ferrari et Jehane Yazami

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